Sunday, February 28, 2016

MESSIEURS, MESDAMES, À TOUTE LA GENS FÉLINE !

Messieurs les petits Châtons et Mesdames les petites Chattes,

Voilà bien votre revenche!
Vous fûtes si souvent pourchassés, injustement tués; surtout lorsque votre pelage était noir.

Hélas, l'Eglise elle même qui aurait dû pour mission de protéger tout être de la création, cette même Eglise vous pourchassa, de façon ignominieuse et pour la simple raison que vous êtes des petites créatures bien spéciales.

Car il faut en convenir: dans le monde animal, vous êtes des êtres bien particuliers: vous conversez, vous envoyez des messages, vous vous faites servir comme des souverains et ce, tout en gardant une indépendance totale.

Je dirais même plus: si j'en crois des moyens de transmission de messages tels que twitter et autres, vous êtes des protagonistes!

Est-ce là la revanche de la gens féline?
Je ne pourrais que m'en féliciter!

Avec une caresse toute spéciale sur l'arrière de vos oreilles, je suis

Marie de Rabutin-Chantal
Marquise de Sévigné 

MONSIEUR FRANÇOIS-MARIE AROUET DE VOLTAIRE - PARADOXES

Cher Monsieur Voltaire,

Vous qui eûtes l'un des esprits les plus vifs qu'eût notre littérature, que dis-je, vous qui en fûtes l'épitôme même (je n'ose penser ce que serait cette phrase sans l'accent circonflexe qui tant fit souffrir Madame Pélerin!) dites moi donc, Monsieur, quand est-il que les élections sont démocratiques?

Car, s'il est vrai que le vote des ayant-droit (les ressortissants d'une nation) indique le meilleur des élus, expliquez-moi comment il se fait que nous eussions des Hitler, des Stalin, etc.

Vous me direz que ces personnes persuadaient leur peuple par la force. Soit! Je puis en convenir.
Mais au jour d'aujourd'huy, comment se fait-il que des présidents de quelques républiques - en Europe et ailleurs - soient élus alors que personne ne semble les vouloir au pouvoir, ainsi qu'il advient dans maints pays soi-disant démocratiques?

Cela est troublant et inexplicable.
Il est vrai que je lis, dans les gazettes, qu'il y a des 'Groupes' de pression et que maints hommes et femmes politiques font usage des moyens de communication de masse pour atteindre leur but.

La politique est-elle donc arrivée à tel point que le candidat qui décidera de notre futur n'a rien de différent d'un savon qui lave notre linge ?

J'en ai la tête qui tourne et ne comprends plus rien.
Était-ce là le but de la Révolution des Lumières, Monsieur ?

Avec mes salutations les plus confuses, je suis

Marie de Rabutin-Chantal
Marquise de Sévigné

Saturday, February 27, 2016

MISTER TRUMP !

 Monsieur Trump,

Je ne vous connais pas personnellement mais je lis régulièrement les chroniques, depuis bien longtemps, et je m'étonne.
Je m'étonne qu'un homme tel que vous, qui construisit beaucoup, et qui détruisit encore davantage, soit aujourd'hui un paladin de la grandeur des États Unis d'Amérique.
Je m'étonne que tant de personnes vous écoutent.
Toutefois, je dois comprendre que ceux qui vous écoutent le fassent car ils ont des inquiétudes pour leur future vie.
Vous en faites capital. Cela est de la politique, j'en conviens.
Je ne puis vous en faire grief car il en va de même en Europe où des masses incontrôlables de personnes qui n'ont, ni notre façon de vivre, ni nos croyances (soient-elles laïques ou religieuses), déferlent sans cesse sous l'excuse de fuir leur pays où sévit une guerre.

Mais si tous les ressortissants d'un pays fuient d'un régime, qui donc devra  délivrer leur pays de ce même régime?
N'est-ce pas le devoir des ressortissants d'un pays de combattre pour changer ce régime qu'ils disent corrompu et mauvais?

Je vous assure que je ne comprends point et, de quelque façon, je me trouve d'accord avec certaines de vos affirmations. Je comprend que cela soit incroyable et pourtant cela se fait.

Avec mes salutations les plus diplomatiques, je suis, Monsieur,

Marie de Rabutin-Chantal
Marquise de Sévigné 

MONSIEUR CANOVA !

Cher Monsieur Canova,

Ou, plutôt, devrais-je dire 'Cher Maître', car vous êtes bien certainement un Maître ès Arts, un des plus illustres qui furent de tous temps.

Je ne sais point si je dois me réjouir de vous avoir enfin connu car nous avons vécu en de bien différentes époques et avec des gouvernants bien contreposés.

Toutefois, la recherche de la beauté, que j'ai tenté d'exercer dans la langue française, a sa contrepartie dans la recherche de la beauté tout-court que vous avez exercé lors de votre existence et de votre vie artistique.

Je ne puis que m'extasier à la vue de cette sculpture sublime que vous réalisâtes pour Madame Paolina Borghese, née Bonaparte et qui est aujourd'huy exposée à Rome dans cette délicieuse petite galerie d'art dans le Parc Borghese qui, tel un écrin , contient des gemmes que l'on ne peut décrire.

Je m'y rendis récemment, grâce à la machine du temps, et dès que je fus en face de votre chef d'oeuvre, je vous prie de le croire, je ne pus m'empêcher de rester immobile et d'admirer la beauté infinie de votre création pendant un temps suspendu dans le temps.

Madame Pauline est là dans toute sa splendeur et son pouvoir de séduction.
Chaque détail, chaque pli nous rappelle qu'elle n'est pas seulement une sculpture mais un être en chair et en os.

Quelles délices pour nos yeux, pour notre sens de l'esthétique et quelle consolation envers la brutalité qui sévit encore, des siècles plus tard, envers la destruction d'oeuvres que nous pensions immortelles, envers l'éphémère que maints peuples considèrent comme une valeur permanente.

Que dois-je vous dire, Monsieur Canova, sinon 'Merci'.
Merci pour tous ceux qui, nombreux, encore vous admirent, ainsi que celle qui se considère comme

Bien amicalement vôtre.

Marie de Rabutin-Chantal
Marquise de Sévigné

Friday, February 19, 2016

MADAME DE S.

Madame, ma très chére Fille,

Savez-vous que ce jour, je vis les premières pâquerettes de la saison?
Ces petites fleurs à l'apparence si simples, et cependant - en réalité - si complexes, lorsque l'on observe bien leur beauté, avec leur prodige de symmétries, me font penser que la nature fait souvent bien les choses mieux que ne le fassent les êtres humains.

J'ai fait usage de la petite boite magique dont vous m'avez fait don et j'en ai fait un portrait qui n'est pas indigne de Messieurs Poussin, Champaigne ou de la Tour.


Une si petite fleur peut avoir un si grand charme!
N'en va-il pas de même des personnes?
N'y a-t-il pas, parmi nos semblables,  maintes pâquerettes qui sont en réalité des soleils?
Il s'agit tout juste de les reconnaître et je conviens que cela n'est pas très facile.

En cette époque, l'apparence est souvent plus forte que la substance.
Mais ne désespérons pas!
Comme toutes les modes, celle d'apparaître laissera le champs à sa plus substantielle soeur: la vérité.

Veillez bien à vous-même et ayez soin de cette délicieuse petite chatte qui vous tyrannise si délicieusement.

Votre Mère
Marie de Rabutin-Chantal
Marquise de Sévigné






ÉPÎTRE À MONSIEUR NICOLAS BOILEAU DESPRÉAUX

Boileau

Cher Monsieur Boileau,

Je ne dis pas 'Cher' en tant que formule de politesse car vous me fûtes très cher vraiment par votre culture et votre définition de notre douce langue française.

Les principes que vous énonciâtes dans votre oeuvre, afin que tout pût être compris clairement par quiconque, ne sont au jour d'aujourd'huy que plus recommandables.

Il y a dans les gazettes, ainsi que dans les discours des puissants, mais également dans le parler du menu peuple, tant de verbiage incompréhensible.
Cela se fait probablement pour compenser le manque d'idées valables par une abondance de mots inutiles.

Hélas, Monsieur Boileau!  Même les personnes qui semblent gouverner notre douce terre de France et qui devraient en défendre la langue que le monde entier nous envia, semblent avoir oublié les règles d'or que vous nous donnâtes.

Il y a toutefois un petit (ou peut-être pas si petit) canal d'information et de communication qui s'appelle 'Twitter' (ce qui signifie 'gazouillement' en anglais) qui pourrait tout-à-fait vous plaire car il limite la transmission de ses messages à 140 caractères.

Nous y sommes donc en tant que concision.
Pour la précision, il y a encore du travail à faire.
Pour la clarté, nous y reviendrons.
Je sais que nombre d'hommes de sciences, d'arts etc en font usage. Moi-même (eh, oui, Monsieur Boileau, il faut s'adapter quelque peu aux temps modernes) je l'utilise quelque fois pour propager des idées qui me semblent bien belles ou utiles.

Je vous le recommande !

Avec mon amitié tout entière, et mon admiration infaillible
Je suis, votre amie

Marie de Rabutin-Chantal
Marquise de Sévigné 

Tuesday, February 16, 2016

MONSIEUR JEAN-BAPTISTE POQUELIN dit MOLIÈRE

Monsieur,

Voici bien longtemps (le 17 février 1673) que vous voulûtes définitivement nous quitter.
Je ne puis que regretter que cette sortie de scène fût si infamante - hélas! - pour un si bel esprit tel que le vôtre.
Vous nous ouvrîtes bien des fenêtres sur notre façon de vivre, Monsieur Molière!

Ayez, toutefois, la consolation de savoir que bien des siècles plus tard, les Français (et non seulement) encore vous admirent et jouissent de vos comédies qui donnent bien des leçons tant au petit peuple qu'aux grands puissants (ou supposés tels).

Ne serait-il point utile à chacun qui entreprenne, au jour d'aujourd'huy, la voie politique, de lire vos pièces?
Je suis profondément persuadée que cela leur serait utile, dans l'esprit d'un service meilleur à toute la population de notre Douce France et au delà.

Je vous souhaite un bien bon repos, Monsieur Molière et vous assure que vous n'êtes pas oublié.

A travers les siècles, je suis votre fidèle lectrice.

Marie de Rabutin-Chantal
Marquise de Sévigné




MONSIEUR D'ALEMBERT !

Monsieur,

Je ne pensais pas qu'avec toutes vos connaissances dans les gazettes, vous eussiez le manque d'esprit de signaler qu'un très grand homme de sciences, Monsieur Galileo Galilei eut ce jour son anniversaire.
Je vois, avec quelque dépit, que presque nulle gazette n'en fait mention.
Quelle tristesse !
Faut-il donc qu'une petite ignorante de sciences comme moi s'en souvienne, pour que lui soit une fois encore reconnue l'étendue de sa science et de tout ce qui s'en ensuivit?

Les grands esprits sont  - hélas - si souvent oubliés.
Veuillez agréer, Monsieur, quoique d'une très grande distance d'idées

Votre Bienveillante
Marie de Rabutin-Chantal
Marquise de Sévigné



Thursday, February 11, 2016

MONSIEUR JEAN-BAPTISTE LE ROND D'ALEMBERT

Monsieur,

Vous me consentirez d'éviter les formules de politesse, étant donné les résultats funestes qu'eurent vos travaux sur maints de mes amis.

Je me dois toutefois, dans l'esprit de la vérité, de reconnaître que vous eûtes une influence positive sur nombre de vos disciples ou descendants, parmi lesquels, je citerais au jour d'aujourd'huy ce bizarre petit homme à la chevelure folle qu'était Monsieur Albert Einstein.

Je crois qu'en d'autres temps il eût été brûlé sur quelque bûcher en tant que sorcier ou élevé sur quelqu'autel en tant que saint homme.

Ce siècle incroyable, où je voltige aujourd'hui par quelque prodige,  qui nous permet de connaître tant de choses nouvelles, nous indique un événement inouï, incroyable et pourtant vrai.

Comprenez-moi bien! Il semblerait que nous ne fussions pas seuls en ce monde.
Cela ne vous semble-il pas une absurdité?

Toutefois, les petits-enfants de Monsieur Einstein ont tout récemment découvert de bien bizarres choses que je ne saurais décrire, car je ne les comprends point trop. Je puis toutefois vous envoyer ce qui s'appelle 'lien' et l'on me dit qu'ainsi  vous recevez mes idées.
http://www.bbc.com/news/science-environment-35524440

Quelles merveilles!
Veuillez agréer, Monsieur, l'expression de ma considération.

Marie de Rabutin-Chantal
Marquise de Sévigné

MONSIEUR LE PRINCE DE L.

Monsieur le Prince,

Je fus très aise de vous voir représenté en photographie (il faut dire que les temps modernes nous ont apporté bien des merveilles: de toutes petites machines qui tiennent dans une main - même menue - arrivent à immortaliser des moments importants ou impertinents) lors d'une cérémonie qui vous emmena au Japon.

Face à ces souverains, si dignes, si nobles et si soucieux du bien-être de leur Peuple -  leurs Altesses Impériales, Monseigneur Akihito et Sa Très Gracieuse Majesté Madame Michiko, je ne puis éviter de vous soumettre quelques réflections.

De mon temps (plus ou moins, évitons de nous chamailler sur un siècle de plus ou de moins), il semblait que tout le mal vînt de ce que le bon roi Louis ne permît pas aux représentants du petit peuple d'exprimer leurs désirs; il lui était également fait grief de consentir à ses Maîtresses (présentes ou passées) de parler pour lui lors de représentations officielles avec des diplomates étrangers.

Or, je lis dans les gazettes de ces jours, que Madame Ségolène Royal (qui longtemps fut la maîtresse de Monsieur Hollande et lui donna - dans la tradition de Madame de Montespan - maints enfants) rencontre en fonction de Ministre des Affaires Etrangères, un Monsieur Raoul Castro qui vient des Îles d'Amérique.
Je trouve tout cela bien comique.

Je ne puis que faire une comparaison entre la dignité des descendants de l'Empire Millénaire du Japon en la personne des Empereurs du Japon, de sa Majesté Elizabeth II,  Reine du Royaume Uni, de Sa Majesté  la Reine du Danemark, du Roi de Suède, du Roi de Norvège, du Roi des Belges, du Roi de Hollande et des Pays-Bas, qui - sans exception -  ne peuvent qu'être définis comme étant des exemples de démocratie et de respect envers la volonté de leur peuple, bien plus que certains Présidents de certaines Républiques, tant en Europe qu'ailleurs.

Qu'en dites-vous?
Dans l'attente de recevoir vos réflections à ce sujet, je vous souhaite un agréable voyage dans le lointain Orient et vous assure de ma constante amitié.

Marie de Rabutin-Chantal
Marquise de Sévigné

Wednesday, February 10, 2016

MONSIEUR FRANÇOIS-MARIE AROUET DE VOLTAIRE

Cher Monsieur de Voltaire,

Il me plut de lire maintes de vos créations littéraires que je trouvai très originales, quelque peu subversives et quelquefois piquantes.

Nul doute que vos paraboles aient eu un effet certain sur les événements qui mirent notre Douce France à fer et à feu et qui avaient pour but de créer une société meilleure, plus tolérante, moins inclinée vers les différences de classe, de cens, de position.

Je suis certaine, comme le furent d'autre part Sa Majesté Madame l'Impératrice de Russie (*) et Sa Majesté Monsieur le Roi de Prusse(*), de votre bonne foi en tout ce que vous indiquiez, sous le couvert de fables, comme les grandes fautes de notre siècle: superstitions, religions, servage, etc.

Si vous n'eussiez quitté ce monde trop tôt, vous auriez pu voir le résultat de ces pensées si profondes.
Hélas, vous auriez pu également constater que la citation de cet illustre écrivain de Sicile, Monsieur le Prince Giuseppe Tomasi di Lampedusa(*), qui naquit environ deux siècles plus tard selon laquelle "tout doit changer afin que rien ne change" n'a jamais été si bien appliquée qu'en la saison présente où la marque du XXIème siècle a été dépassée. Savez-vous, d'ailleurs, que son roman "Il Gattopardo" fut un très grand succès littéraire et qu'il en fut fait une histoire animée (cela s'appelle un film) pour le cinématographe, réalisée par Monsieur Luchino Visconti, Comte de Lonate Pozzolo(*)

Un auteur du siècle précédent, un certain Monsieur Orwell (*) disait que, si tous les hommes sont égaux (cela doit être un baume pour vos oreilles), certains sont un peu plus égaux que d'autres.

Cela n'a jamais été si vrai qu'en ce début du nouveau siècle.
Quelle en est votre conclusion, Monsieur de Voltaire?

Avec l'expression de mon estime et de mon admiration (quoique mitigée en ce qui concerne quelques uns de vos excès), je me déclare néanmoins votre fidèle lectrice

Marie de Rabutin-Chantal
Marquise de Sévigné

                                                                  

(*)
https://en.wikipedia.org/wiki/Catherine_the_Great
https://fr.wikipedia.org/wiki/Catherine_II
https://en.wikipedia.org/wiki/Frederick_the_Great
https://fr.wikipedia.org/wiki/Fr%C3%A9d%C3%A9ric_II_de_Prusse
https://en.wikipedia.org/wiki/Giuseppe_Tomasi_di_Lampedusa
https://en.wikipedia.org/wiki/Luchino_Visconti
https://en.wikipedia.org/wiki/Nineteen_Eighty-Four



Tuesday, February 9, 2016

MADAME LA COMTESSE DE G.

Ma Très Chère Amie,

Vous vous souvenez certes de ces funestes événements qui secouèrent notre beau Pays  en 1789 et de l'épilogue tragique (pour nombre de nos amis) qui en découla.
L'une des raisons principales qui conduisirent aux émeutes fut que le peuple (devrais-je l'écrire avec une majuscule?) demandait, exigeait, voulait prendre part aux décisions concernant le gouvernement du Royaume de France.

Et que lis-je ce jour dans les gazettes? Que vois-je dans l'appareil qui regarde loin et m'apporte des nouvelles de partout?

L'Assemblée Nationale, c'est à dire la représentation politique de toute la Nation Française, élue par notre bon peuple, tenait hier une séance de vote cruciale qui a pour but de modifier la Constitution.
Je vous envoie un extrait pris dans la gazette qui se nomme "Le Figaro" (ne serait-ce pas amusant si Monsieur de Beaumarchais, Monsieur Rossini et Monsieur Mozart pouvaient voir ce titre?).

http://www.lefigaro.fr/politique/le-scan/2016/02/09/25001-20160209ARTFIG00051-l-assemblee-aux-trois-quarts-vide-vote-la-constitutionnalisation-de-l-etat-d-urgence.php

Donc, les représentants du peuple ont déserté (reniant leur passé) et renoncé à ce droit que l'on disait irrenonçable et pour lequel notre Bon Roi et notre Bonne Reine (entre autres) eurent la tête coupée.
Ce qui était une conquête serait-il à présent vu comme une corvée?
Est-ce là le progrès dont nous parlaient Messieurs d'Alembert, Diderot, Rousseau et bien d'autres ensuite qui s'en inspirèrent ?

Je ne sais pourquoi, un profond malaise naît en moi ou plutôt devrais-je dire mélancolie, à la pensée de tous
ces morts que nous avons connus et de ceux - lors des trois siècles successifs - qui ont combattu afin que la démocratie ne désertât jamais la Douce France. Sont-ils donc morts en vain ?
Leur sang valait-il moins qu'une fin de semaine prolongée ? Moins qu'une promenade pour faire des emplettes? Moins qu'un déjeuner chez quelque cuistot étoilé?

Quelle décadence, Chère Amie, et quelle tristesse.
Enfin, cela s'appelle peut-être progrès quoique je vous dise que je ne le comprends point.

Transmettez mon bon souvenir à toute Votre Famille et soyez, comme toujours, Très Chère Amie, assurée
de ma plus parfaite amitié.

Marie de Rabutin-Chantal
Marquise de Sévigné

Monday, February 8, 2016

MONSIEUR LE MARQUIS DE LAFAYETTE

Cher Marquis,

Vous avez couru maintes aventures pour propager les idées de notre belle France.
Vous avez choisi. Vous avez combattu.Vous avez vaincu.
Vous êtes devenu l'un des symboles les plus importants de la démocracie du Nouveau Monde.
Votre nom, avec notre gloire, résonne partout en tant que défenseur des libertés universelles.
Je ne puis que m'en réjouir.
Je me demande toutefois, cher Marquis, s'il ne fut un peu prématuré de chanter victoire.
Car enfin, nous voici en face des infidèles, encore.
(Ah...on ne les appelle plus infidèles? Et comment donc? Ah...je vois: adversaires et quelquefois alliés, selon les périodes).
Mon petit cerveau ne réussit point à comprendre ces soubresaults d'alliances.
Eclairez-moi, je vous en prie, car il est bien ardu de comprendre encore quelque chose.
Je ne suis d'ailleurs pas la seule qui ait des doutes.
Veuillez voir ici de suite un petit croquis qui semblerait me donner raison et que je trouvai ailleurs (qui sait où?)

Je comprend que cela puisse appararaître comme une enigme. C'est exactement ce qu'éprouvent tous les habitants de nos beaux Pays actuellement.

Ayez, Cher Monsieur de Lafayette, l'expression de mon admiration pour vos oeuvres et de mon estime pour votre courage et votre clairvoyance.
(La machine du temps est-elle en train de mélanger nos époques?)

Marie de Rabutin-Chantal
Marquise de Sévigné

MR. LE VICOMTE DE LA P....

Mon cher Vicomte,
Il m'est précieux de pouvoir enfin vous remercier pour cet exemplaire, magnifique, de félin que vous me donâtes.
Est-ce un chat (une chatte) ?
J'oserais dire qu'il s'agit davantage d'un être extraordinaire issu de civilisations bien plus anciennes que la nôtre. Ne voyait-on pas de ces portraits lors des Empereurs et des Impératrices des Terres d'Egypte?

Tandis que je vous écris, il me regarde et fait de curieux petits ronrons à chaque phrase que je complète... On dirait qu'il suit les pensées que je vous envoie.

Si je ne fusse personne responsable et bien ancrée aux choses matérielles et irréfutables, je pourrais penser (de façon tout-à-fait hypothétique) que ce chat essaye de me dire ceci ou cela.
Eh oui! Riez, Monsieur le Vicomte. Toujours est-il que certaines choses, annoncées par ce délicieux chaton, se sont produites.

Je suis, quoique toujours sceptique, votre bien dévouée Amie
Marie de Rabutin-Chantal
Marquise de Sévigné


MONSIEUR LE DUC DE V....

Monsieur,

Il m'est pénible de vour déranger de votre belle retraite dans le Vendômois mais je crois, toutefois, que vous accepterez de recevoir ces toutes dernière nouvelles si croustillantes, invraisemblables, délirantes, absurdes et toutefois si vraies qui m'arrivent tout dernièrement.

Vous n'êtes pas sans ignorer que ma Chère Fille m'a fait don d'une petite boite noire prodigieuse qui m'apporte, à travers les siècles, des nouvelles qui paraissent invraisemblables et sont toutefois réelles.

Eh bien, il semble que le gouvernement de notre Douce France (c'est semble-t-il une forme améliorée des représentations des Etats  mais j'en perds le sens tant il est que des changements adviennent à chaque jour) voudrait modifier les formes des élections (quelle horreur, Doux Seigneur!) pour consentir à son camps de remporter la joute.

Que puis-je dire? Je n'y comprend plus rien et, semble-t-il, le bon Peuple de France est de mon avis.

Reparlons-en dès qu'il y aura des nouveautés (je sais que vous êtes toujours très informé!) et entretemps, veuillez recevoir mes amitiés bien sincères.

Marie de Rabutin-Chantal
Marquise de Sévigné

A MADAME LA MARQUISE DE L.M....

Madame et Très Chère Amie,

Je viens de lire dans une gazette de ces jours (mais ne dites surtout pas que j'en arrive aux gazettes pour mes lectures - quoiqu'il faille bien que je pêche les nouvelles d'où qu'elles viennent) que la belle ville de Venise qui nous fit tant rêver, risque de sombrer.

Je trouve cette nouvelle inouïe, incroyable, absurde, horrible, détestable et cependant, elle est documentée par une suite d'images animées que je reçois par l'entremise de cette petite boîte noire que je reçu
de ma Fille et qui a pour titre

Venise, récit d'un naufrage annoncé

L'on y apprend que cette année il y eut vingt-huit millions de personnes qui se rendirent dans cette ville si fragile.
Peut-on concevoir que de telles hordes (à ce que j'entends, mêlées aux héritiers de notre Cour des Miracles: voleurs, spécialistes en larcins, etc) laissent la Reine de la Lagune Méditérranée intacte?
Pourquoi le Doge présent n'intervient-il pas pour réduire ce flux de personnes qui défigurent la Serenissima?
Le coeur me pleure de voir cette dévastation par des populations qui furent (et sont encore) barbares et même - dirais-je - barbaresques.
Et nous savons ce que cela signifie, n'est-ce pas?
Hélas, Chère Amie, à quoi nous sert de nous plaindre et de crier 'au loup'!
Lorsque nos raisons seront démontrées, il sera trop tard.
Ayez néanmoins, Madame la Marquise, l'expression de la plus haute estime de votre
Marie de Rabutin-Chantal
Marquise de Sévigné

Sunday, February 7, 2016

MME LA VICOMTESSE DE B...

Ma Très Chère Amie,
J'entends ce jour - quelle merveille! - que si je mets un petit signe comme une petite barrière devant une chose que j'écris...eh bien, mon écrit est envoyé de façon et en quantité innombrable partout dans le monde.
Cela est-il possible? Ce serait prodigieux!
J'hésite à le croire et toutefois je ferai cependant l'expérience.
A-t-on jamais fini d'apprendre ?
Ayez, Madame, l'expression de ma profonde amitié.
Marie de Rabutin-Chantal
Marquise de Sévigné

Saturday, February 6, 2016

MADAME LA DUCHESSE DE F....

Je comprends vos angoisses!
Hélas, cette France nous aimions, que nous voulions être  - sur l'échiquier mondial - un élément essentiel du bien-être de notre bon peuple, cette Belle France est à présent le fantôme de la Belle France, de la Douce France que nos ancêtres ont construit. Elle n'est même plus le fantôme de la France des Lumières.
Je pourrais m'accomoder, Madame, de ce qu'elle fût 'démocratique', quoique le terme soit pour le moins ambigu.
Le régime d'aujourd'hui, que je vois basé sur de bien étranges liens entre Présidents et Maîtresses (présentes et passées) serait-il plus démocratique que celui de notre bon Roi Louis?
Ayez, ma Chère Duchesse, l'expression de mon entière amitié
Marie de Rabutin-Chantal
Marquise de Sévigné

MADAME MA CHÈRE FILLE,

Dites-moi que je ne rêves pas!
Je vois dans cette petite boite noire -  qui m'apporte des nouvelles incroyables (si toutefois elles soient authentiques!) - que nos peuples prient les Ottomans de garder chez eux ces gens qu'il gouvernèrent jadis. Ou alors suis-je un peu confuse? Il est vrai qu'avec tout cet aller et venir, il y a vraiment de quoi ne plus comprendre ce qu'il advient.
Alliés qui deviennent ennemis.
Ennemis qui deviennent alliés.
Mon petit cerveau se demande ce qui se passe vraiment.
Veuillez agréer, Ma Chère Fille, l'expression de toute la tendresse de votre Mère.

CETTE PETITE BOITE QUE VOUS ME DONÂTES...

(et notez, s'il en fût besoin, que je fis usage de l'accent circonflexe qui semblerait être le coupable de tous les maux de notre langue si belle),,,cette petite boite, disais-je, qui m'apporte des images bien tristes.
De jeunes gens semblent se révolter, dans le pays d'Égypte, contre un Monsieur Al Si-Si qui s'est arrogé le droit de gouverner ce pays si beau et sans qu'il y eut ce que l'on définit comme 'élections':.
Tiens, donc! Je croyais que l'on avait exilé le roi Farouk avec le prétexte qu'il ne voulait pas tenir compte de l'opinion de son petit peuple.
Alors, je me demande quelle est la différence...
Veuillez, ma très chère fille, rendre toute ma tendresse à votre petite Birba et vous souvenir que votre chère mère est toujours là.
Marie de Rabutin-Chantal
Marquise de Sévigné

Friday, February 5, 2016

MADAME, MA TRÈS CHÈRE FILLE...

Votre mère est en ce jour surprise, que dirais-je, ahurie d'entendre que l'on veuille abolir cet accessoire absolument nécessaire...que dis-je!...vital pour le beau language: l'accent circonflexe!
Cela m'est incompréhensible, absurde, ridicule et ne serait-ce que depuis trois siècles je suis dans ma tombe, je chercherais dans les armes de mes aïeux celle qui mieux pourrait me convenir pour montrer à quel point je puis arriver pour défendre notre beau français!
Qui donc a l'outrecuidance de vouloir réduire notre belle langue française - qui fut la langue diplomatique de par sa subtilité et sa précision, pendant des siècles - à l'expression du plus bas usage?
Qui donc veut faire de cette douce et belle langue un à-peu-près qui ne ressemble plus à la langue de nos pères, de nos auteurs, de nos essayistes?
Fils de France: défendez votre langue; n'ayez pas peur des conjonctifs; refusez ces infâmes pâtés grotesques qui viennent de la Cité d'Argot et que l'on vous donne à chaque soir dans la petite boite définie comme Télévision.
Télévision: cela voudrait dire " vue de lointain" et pourtant il me semble que ce que l'on y voit semble vu de trop près et de façon myope.