Sunday, September 17, 2017

MONSIEUR JEAN ROSTAND


Mon Cher Rostand, 

Il me vient à l'esprit, en ces jours si sombres, en cette époque où l'obscurité semble
gagner du terrain sur la raison, de maints écrits et mots qui vous sont dûs et
que je n'oublie point.

Si votre père fut un auteur que nous pouvons à bon escient aujourd'huy définir 
classique - définition réductive car son Cyrano, son Aiglon, etc, sont beaucoup 
plus que de beaux textes de théâtre - vous lui avez démontré que les fils sont 
quelquefois dignes, au delà du possible, des facultés intellectuelles de leurs pères 
(et mères, permettez-moi d'ajouter).

J'ai récemment relu certains de vos ouvrages que j'avais appréciés lors de mon
plus jeune âge. Je n'y ai rien vu que je ne puisse apprécier en ces jours.

Quelques phrases, plus particulièrement prises de votre "Pensées d'un Biologiste", 
me frappèrent et façonnèrent ma pensée. 

Entre toutes, en ces jours où l'Intelligence Artitificielle devient réalité, je cite:
"Le surhomme? Peut-être fabriquerons-nous un jour ce qui nous comprendra."
(Notes d'un Biologiste, 1954). C'était il y a 63 ans.  

Mais, en ces temps où toute religion est motif de guerres sans pitié, sans règles, 
sans un sens logique, je veux également citer
"On tue un homme, on est un assassin. On tue des millions d'hommes, on est un 
conquérant. On les tue tous, on est un dieu"

Que pourrions-nous ajouter en guise de commentaire, qui ne soit superflu?

Simplement que nous avons besoin, à présent que l'obscurité s'accroît sur cette 
petite planète, de penseurs qui, comme vous, ne s'attachent point au jour le jour; 
des penseurs qui voient plus loin que les sites sociaux de messages instantanés.

Des penseurs qui pensent et ne poursuivent point des modes pourront peut-être
nous apporter cette lueur qui s'appelle "espoir".

Je suis, Cher Rostand, avec beaucoup de gratitude
Votre admiratrice

Marie de Rabutin-Chantal
Marquise de Sévigné


https://en.wikipedia.org/wiki/Jean_Rostand




  

Thursday, September 14, 2017

MONSEIGNEUR, CARDINAL DE RICHELIEU

Monseigneur,

Je lis dans les chroniques de ces temps, tout autant tumultueux que ceux de notre époque (car nos biographies se croisent, n'est-ce pas?) que de nombreux conflits religieux causent bien des victimes
un peu partout dans ce monde que nous pensions avoir découvert comme un nouvel Eden.

Je ne puis que regretter que les tous les Chefs d'Église de ces jours aient moins de jugement et de pragmatisme que celui dont vous fîtes preuve lors de l'Édit de Nantes qui, quoique signé par notre bon Roy Henry IV, fut essentiellement votre oeuvre.

Que cet Édit ait ensuite été abrogé par Louis XIV démontre combien les politiques sont myopes par rapport aux vrais stratèges qui voient loin.

C'est ce qui advient en ces jours où, après quelques décennies de paix religieuse (relative), de nouveaux foyers de destruction naissent un peu partout.

Quoique je ne puisse me dire une admiratrice de Messieurs Marx et - surtout - Hegel qui lui inspira ses textes, je dois toutefois admettre, obtorto collo, qu'ils avaient vu clairement quelle serait l'arme des conflits à venir: les religions et, surtout, le pouvoir que ces religions donnent sur des populations illettrées, craintives,
dépendantes de quiconque ait un minimum d'ascendance sur elles.

Je ne parle pas seulement du tiers-monde, mais également de peuples que nous croyons civilisés.
Tels que, par exemple (ah! Monsieur le Marquis de la Fayette) les États-Unis d'Amérique où, des siècles après l'abolition de l'esclavage, nombre de bien-pensants rejettent les populations importées simplement parce que leur peau n'est pas blanche. Nombre de prélats les guident en cette indécente croisade.

En cette époque, Monseigneur, où l'on pense de coloniser des planètes lointaines, ne serait-il point le cas de coloniser - avant tout - notre propre planète de façon à la faire raisonner comme vous le fîtes en 1598 ?

Je vous prie de m'excuser si j'ai abusé de votre temps et de votre patience. Je ne pouvais, en aucun cas, adresser ces pensées qu'à votre Éminence et suis certaine que votre intelligence me vaudra votre indulgence.

Je suis, Monseigneur, avec toute mon admiration

Votre Humble Servante
Marie de Rabutin-Chantal
Marquise de Sévigné

Sunday, September 3, 2017

MONSIEUR PASCAL: QUE SAVONS-NOUS DE NOS ENFANTS....

...et que savent-ils de nous, leurs parents?

Mon Très Cher Pascal,

Vous êtes bien conscient que vos enseignements ont vécu au delà de vos temps.
Vous et moi, ainsi que maints de nos amis, ont franchi le Rubicon.
Cependant, nos pensées continuèrent et firent de la France, cette Belle France, une nation
parmi les plus puissantes.
Mais nos enseignements sont aujourd'hui menacés par ces petits hommes qui n'ont point de
vision du futur.
Il cabotent en fonction de pourcentages d'agrément.
Il naviguent sans bien savoir où il vont.
Ce pauvre petit Macron !
Un petit fonctionnaire qui me fait tant penser à cette fable de Monsieur Jean de la Fontaine:
La Grenouille qui voulait se faire plus grosse que le boeuf.
Mais nous pourrions tout aussi tant citer La Mouche et le Coche.

La morale, Mon Cher Pascal, est que nos gouvernements ne pensent qu'à l'instant présent
et que nous, les parents de la génération future, acceptons toutes les décisions sans penser
que notre progéniture pourrait ne pas avoir le même sentiment.

Nous demandons-nous, hommes et femmes du passé, ce que veulent nos enfants, hommes
et femmes du futur ?

Nos assemblées sont pleines de vieillards mais orphelines de jeunes générations.
Avons-nous le droit, nous, de décider de leur futur sans les consulter ?

Merci de m'avoir écoutée et dans l'attente de vos observations et réparties,
Je suis, toujours avec beaucoup d'admiration,

Votre lectrice assidue

Marie de Rabutin-Chantal
Marquise de Sévigné