Saturday, October 28, 2017

LES COURTISANES, LES OPPORTUNISTES ET LES VIOLÉES

Madame la Marquise de Maintenon, 

Je m'adresse à vous qui eûtes l'heur de connaître à la Cour de notre Bon Roy Louis le XIVème
de son nom, les unes ainsi que les autres citées dans ce titre.

Car toutes les femmes - vous en conviendrez certainement -  ne refusent point les faveurs des puissants de la même façon.
Nous devons distinguer:

- Celles qui
trop humbles, trop nécessiteuses, n'osent ou ne peuvent point s'opposer de peur du dommage qui leur en viendrait au grand dam de leur famille. Je les plains et ne leur puis point faire grief. Ce sont des victimes et leurs violeurs méritent la plus grande condamnation et peine.

- Celles qui
fortes de leur relations et de leur famille pourraient dire non et cependant disent oui et ce, me semble-t-il, n'est point violence mais calcul de gain et d'avantage Ce sont des opportunistes qui s'infiltrent pour faire parler d'elles. Elles ne valent pas mieux que les hommes qu'elle dénoncent.

- Celles qui
tout en étant indépendantes, riches de succès et de célébrité, acceptent les avances et les "violences supposées", quitte à les dénoncer tardivement après quelques décennies, pour un regain de notoriété dans les gazettes et qui - vous en conviendrez - ne sont pas très croyables.
Elles sont complices de ces hommes honteux et devraient avoir honte d'elles-mêmes et penser à toutes celles qui, comme dans le premier cas, ont dû subir parce qu'elles n'avaient jamais parlé.

C'est un bien triste monde, Madame, que celui que nous offre le XXIème siècle. Les mêmes violences, les mêmes inégalités et bien des siècles après ce que préconisaient les révolutions industrielles et intellectuelles.

Avec beaucoup d'amertume, je suis, Madame la Marquise
Votre humble servante

Marie de Rabutin-Chantal
Marquise de Sévigné

Wednesday, October 18, 2017

MONSIEUR CASANOVA !

Monsieur,

Je ne fus jamais une fervente de vos doctrines galantes mais enfin, je ne puis nier que l'appel de la chair soit puissant car notre bon Louis XIV - entre autres - mit cette discipline à l'ordre du jour lors de son règne.

Toutefois, je pensais que le temps eût fait progresser les moeurs et que la puissance pût être remplacée par
l'agrément tant de l'un que de l'autre.

Mais que diriez-vous donc, vous qui aimâtes la gens féminine et fîtes de la séduction un art, quant aux hommes de pouvoir qui forcent des femmes ?

Que diriez-vous Monsieur Casanova, de ces hommes qui - du haut de leur pouvoir politique ou économique, comme Monsieur Weinstein ou Monsieur Trump - parlent vulgairement de leurs proies comme de trophées?

Je suis certaine que les définiriez justement "horribles"
De même que tout homme qui s'impose, physiquement ou intellectuellement, à toute femme qui le rejette.

Malheureusement, Monsieur Casanova, il y a de moins en moins de séducteurs et de plus en plus de violeurs.
Car c'est violer une femme que de la poursuivre d'exclamations injurieuses.
Car c'est violer une femme que de la caresser subrepticement dans une rame de métro
Car c'est violer une femme que de la regarder avec un sourire lascif et des gestes dégoûtants.

Il y a de quoi vous regretter, Monsieur Casanova et je vous fais part de mes sentiments les meilleurs

Marie de Rabutin-Chantal
Marquise de Sévigné

Tuesday, October 17, 2017

MESSIEURS LES MARÉCHAUX DE FRANCE DE TOUS TEMPS

Messieurs,

Je ne suis qu'une femme et de mon temps, l'on n'entretient point trop l'avis féminin sur une chose aussi masculine que la guerre.

Toutefois, il y a ce que l'on appelle le bon-sens et c'est là où j'entends bien entrer et donner mon jugement..

Eh bien, figurez-vous, Messieurs, (vous me pardonnerez de ne point vous nommer un par un car vous fûtes nombreux dans la gloire, ainsi qu'il paraît dans la liste que voici at qui vous dit que vous n'êtes point oubliés:
https://fr.wikipedia.org/wiki/Mar%C3%A9chal_de_France)

Figurez-vous - disais-je - qu'un certain aventurier, banqueroutier, détestable et vulgaire personnage nommé Trump est arrivé au sommet de cet ensemble d'États apprelés les États-Unis d'Amérique.

Monsieur de La Fayette, je vois que vous frissonnez d'horreur. Je vous comprends. Vous ne pensiez certainement pas qu'une brute ce cet acabit  pût arriver à diriger ce qui était le phare de la démocratie et qui est à présent la risée du monde entier, que dis-je, le centre de la corruption du particulier au grand dam de son peuple. 

Je vous comprends et je vous plains.
Espérons que, dans les replis des lois des États-Unis d'Amérique, il en soit une qui empêche à ce Trump aventurier d'endommager davantage ce territoire si merveilleux.

Je suis, Messieurs, dans l'attente de vos bons conseils, votre 

Marie de Rabutin-Chantal
Marquise de Sévigné 






Friday, October 6, 2017

A MONSIEUR LE MARÉCHAL DE FRANCE, MAURICE DE SAXE

Monseigneur,

Je lus tout dernièrement certains ouvrages qui vous concernent.
Plus particulièrement, une de vos citations arrêtat mon attention:

“Une bataille perdue, c’est une bataille qu’on croit perdue.”

Merci, Monsieur le Maréchal, pour cette perle de sagesse que j'espère voir reprise
par la jeunesse qui lutte pour l'Egalité, la Fraternité, la Justice.

Non seulement en France. Car cette exigence est universelle.
Encore faut-il que  les pays qui baissent la tête commencent à la lever!

Pensez-vous que les libertés d'aujourd'hui n'ont rien coûté à ceux qui les ont acquises?
Croyez-vous que les paysans misérables des siècles derniers, les émigrants, les mineurs,
aient trouvé leur pain quotidien en s'asseyant tranquillement dans l'attente que quelqu'un
leur portât leur déjeuner?

Je crois en la maxime qui déclare que le travail ennoblit l'homme.
Trouvons donc, avec la juste législation, le moyen de donner à tous les migrants qui arrivent, quelqu'occupation d'intérêt social qui leur donne un peu de dignité et qui, en même temps
leur reconnaisse une contribution positive.

Peut-être, alors, les citoyens les verront-ils avec un autre oeil.

Cher Maréchal, mais que le monde d'aujourd'huy est donc bien compliqué.
J'attends vos commentaires car, enfin, je me rends bien compte que je dois vous sembler
révolutionnaire. Mais non, Cher maréchal: je suis simplement raisonnable.

Avec mes remerciements pour votre attention et votre habituel esprit,
Je suis
Votre bien Humble amie

Marie de Rabutin-Chantal
Marquise de Sévigné



Monday, October 2, 2017

MONSEIGNEUR HENRI VIII - ROI D'ANGLETERRE

Majesté,

J'ai toujours apprécié - quoique je ne l'aie point publié - l'esprit de rupture dont vous fîtes preuve lors de votre union avec Madame Boleyn, et, quel que fût votre objectif, vous libérâtes nombres de personnes de l'autorité Vaticane. Je suis moins d'accord avec votre décision de faire couper le cou délicieux de Madame Boleyn pour vous libérer d'elle mais j'imagine que ce que le roi veut...etc

Vous vous mîtes contre Rome, contre le Vatican pour poursuivre non pas la conquête d'une demoiselle mais de l'indépendance de votre royaume envers Rome. La laïcité contre une religion. Le peuple contre les dogmes. Grande et digne décision.

Cela me revient à l'esprit lors des événements récents des Etats Unis d'Amérique.
Chaque fait criminel de masse voit aussitôt générer une réponse automatique "Thoughts and Prayers c'est à dire pensées et prières".

Je suis certaine, Majesté que quelques unes de ces formules soient sincères mais elles sont tellement galvaudées qu'elles semblent des formules toutes faites.

Moi, qui suis mi-française et mi-anglaise, avec quelque progéniture des États-Unis d'Amérique et d'Italie
(car enfin, sait-on jamais où nos conjoints ont joui), je souhaite que l'esprit de la progéniture anglaise de vos temps ne soit pas obnubilée par ces mouvements faux-religieux  qui mettent dieu partout où c'est l'homme qui accomplit des désastres.

Je suis, Monseigneur
Votre Humble Servante

Marie de Rabutin-Chantal
Marquise de Sévigné.