Madame la Marquise de Maintenon,
Je m'adresse à vous qui eûtes l'heur de connaître à la Cour de notre Bon Roy Louis le XIVème
de son nom, les unes ainsi que les autres citées dans ce titre.
Car toutes les femmes - vous en conviendrez certainement - ne refusent point les faveurs des puissants de la même façon.
Nous devons distinguer:
- Celles qui
trop humbles, trop nécessiteuses, n'osent ou ne peuvent point s'opposer de peur du dommage qui leur en viendrait au grand dam de leur famille. Je les plains et ne leur puis point faire grief. Ce sont des victimes et leurs violeurs méritent la plus grande condamnation et peine.
- Celles qui
fortes de leur relations et de leur famille pourraient dire non et cependant disent oui et ce, me semble-t-il, n'est point violence mais calcul de gain et d'avantage Ce sont des opportunistes qui s'infiltrent pour faire parler d'elles. Elles ne valent pas mieux que les hommes qu'elle dénoncent.
- Celles qui
tout en étant indépendantes, riches de succès et de célébrité, acceptent les avances et les "violences supposées", quitte à les dénoncer tardivement après quelques décennies, pour un regain de notoriété dans les gazettes et qui - vous en conviendrez - ne sont pas très croyables.
Elles sont complices de ces hommes honteux et devraient avoir honte d'elles-mêmes et penser à toutes celles qui, comme dans le premier cas, ont dû subir parce qu'elles n'avaient jamais parlé.
C'est un bien triste monde, Madame, que celui que nous offre le XXIème siècle. Les mêmes violences, les mêmes inégalités et bien des siècles après ce que préconisaient les révolutions industrielles et intellectuelles.
Avec beaucoup d'amertume, je suis, Madame la Marquise
Votre humble servante
Marie de Rabutin-Chantal
Marquise de Sévigné
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